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Revue n° 4, 1990

La pensée moderne est-elle la plus grande menace qui pèse sur l’humanité ?


Le monde moderne et ses limites — réflexions hérétiques sur les valeurs, les cultures et les politiques d’aujourd’hui
Par Ervin Laszlo
Editeur : Tacor International
Paris, 1988

Les problèmes universels et cruciaux des dernières décennies du 20e siècle sont, bien souvent, considérés en termes de limitations physiques. Dans cette perspective, la crise de l’énergie serait née de ressources limitées en combustibles, les problèmes relatifs à l’environnement et la faim dans le monde auraient pour origine la limitation des ressources naturelles, et les conflits dus à la surpopulation et aux problèmes de sécurité nationale résulteraient de zones territoriales limitées.

Dans son ouvrage, Ervin Laszlo, philosophe et homme de science, prétend que de telles limites « externes » au progrès humain sont de peu de conséquence en comparaison des limites « internes » imposées par des modes de pensée désuets sur le plan psychologique, culturel et politique.

Le titre du livre : « Le monde moderne et ses limites – réflexions hérétiques sur les valeurs, les cultures et les politiques d’aujourd’hui » résume effectivement le thème hardi et le caractère iconoclaste de ce nouvel ouvrage qui a sa place dans la bibliothèque de toute personne sincèrement préoccupée par les problèmes cruciaux qui affligent l’humanité.

Ervin Laszlo commence son analyse de la « problématique mondiale » par une énumération des idées qui résument la pensée moderne. Cette liste comprend notamment la notion selon laquelle la science peut résoudre tous les problèmes, et le rendement peut être conjugué avec une productivité maximale. Il est également question, dans cet ouvrage, du nationalisme et de la croyance très répandue selon laquelle un système d’organisation économique et sociale est supérieur à tous les autres.

Le modernisme, poursuit l’auteur, a apporté à l’humanité un niveau de vie matérielle très élevé, mais il a aussi déclenché l’explosion démographique. Il a fortement accru la demande des produits du modernisme, mais il s’est révélé incapable de les fournir. Il a donné à l’humanité plus de pouvoir sur la nature que l’on n’avait jamais cru possible jusque-là, mais au prix d’une grande détérioration de l’environnement. Il a encore apporté avec lui la perspective d’une auto-destruction nucléaire.

Si l’humanité veut survivre et progresser, le modernisme doit faire place à un nouvel « âge mondial », estime Ervin Laszlo, un âge où la vision du monde la plus répandue sera centrée sur des modèles de pensée et de culture à caractère global. L’accent serait mis sur l’interdépendance et la diversité et non sur tel ou tel système politique ou culturel. De plus, suggère l’auteur, l’humanité devrait puiser à la source des valeurs et des idéaux consacrés que l’on trouve dans les grandes religions du monde, pour leur édification morale et éthique.

L’on sait qu’Ervin Laszlo est pleine­ment qualifié pour formuler de telles prédictions. Membre du Club de Rome et de l’Académie internationale de philosophie des sciences, il collabore à de nombreuses revues et à des institutions scientifiques, notamment dans le domaine de la futurologie. Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages et de plus de 250 articles, il est actuellement recteur de l’Académie de Vienne pour l’étude du futur et conseiller scientifique du Directeur général de l’UNESCO.

Le passage à une société planétaire est inévitable, pense Ervin Laszlo, évitant à l’humanité une guerre catastrophique ou un désastre écologique. Un tel passage de l’ère moderne à l’ère planétaire est prédit, écrit-il, par les récents développements de la théorie scientifique et évolutionniste, ainsi que par les écrits de la Foi bahá’íe qui datent du 19e siècle. L’auteur croit que la théorie des systèmes, appliquée à l’histoire, apporte un nouvel instrument pour l’analyse de la société humaine.

Bien qu’il ne soit pas lui-même adepte d’une foi religieuse, il ajoute : « même si le concept scientifique [de la théorie des systèmes et des transformations sociales] n’a été découvert que récemment, il est remarquable que dans ses grandes lignes, il ait été prédit au dix-neuvième siècle par un prophète persan dont l’influence commence seulement aujourd’hui à se faire sentir à travers le monde. »

L’auteur écrit notamment : « Le prochain stade de l’évolution sociale, nous enseigne Bahá’u’lláh, est l’organisation de la société humaine en tant que civilisation planétaire qui sera caractérisée par l’émergence d’une communauté mondiale, d’une conscience de la citoyenneté mondiale et de la création d’une civilisation et d’une culture mondiales qui prendront en compte l’infinie diversité des caractéristiques de leurs multiples composantes. » « Un tel système », écrit-il, « fonctionnerait à de multiples niveaux d’organisation, depuis le niveau de base des villages, des communautés agraires et des environnements urbains, en passant par ceux des agglomérations, des districts, des provinces, des Etats nationaux et fédéraux... pour aboutir au niveau global ».

L’information circulerait librement, tant verticalement qu’horizontalement, à chacun de ces niveaux de même que l’énergie, l’équipement et la population.

« Différenciation et intégration constitueraient la marque de la société future, qui donnerait naissance à l’unité dans la diversité, et cela en toutes régions et à tous niveaux. La centralisation et l’homogénéisation, tendances actuellement prédominantes, se transformeront en une décentralisation avec coordina­tion, et une solidarité mutuelle dans le respect des différences. »

Toute personne préoccu­pée par l’avenir trouvera cet ouvrage d’un grand intérêt. La vision d’Ervin Laszlo d’une nouvelle civilisation planétaire est de nature concrète; elle aborde les prob­lèmes les plus urgents d’aujourd’hui, et elle est solidement enracinée dans les plus récentes théories sur l’évolution sociale.

Et enfin, la force de cet ouvrage réside dans sa capacité à suggérer au lecteur de rejeter les « limites internes » imposées par des traditions, des valeurs et des idéaux culturels démodés, et d’œuvrer activement pour l’édification du modèle de société universelle exposé plus haut. Dans ce contexte, le livre mérite une vaste audience.



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Dernière mise à jour le 18/12/2017