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 Baha'u'llah
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Pour les dernières nouvelles concernant la Communauté Internationale Bahá’íe en anglais, se référer au site : Bahá'í World News Service
Revue n° 4, 1990

Encourager la participation de la population

Malgré des milliards de dollars d’aide, des centaines de milliers d’heures de travail, et un océan de bonnes intentions, de nombreux pays sont dans une plus mauvaise situation qu’il y a 30 ou 40 ans, avant le début des programmes de développement intensifs de type occidental.

Les spécialistes du développement économique et social se sont donc tournés vers d’autres solutions. Parmi les idées nouvelles les plus prometteuses, on trouve celle de la participation des masses ou pour utiliser un terme largement adopté aux Nations unies, la participation « populaire ». Plusieurs articles de la présente édition de « One Country » ont trait à ce thème dont notre compte rendu du dévelop­pement à Haïti, les extraits d’une conférence, tenue à New York, sur le développement et l’environnement, ainsi qu’un article sur les « Défenseurs de la sécurité alimentaire en Afrique ».

L’élan en faveur de la participation de la population locale vient du fait que les pro­grammes traditionnels de dévelop­pement échouent fréquemment parce que la population elle-même n’a pas été consultée ou invitée à participer. Sans cette participation, les efforts se déta­chent de la réalité locale. Les gens deviennent de simples objets du développement, n’ayant aucune influence sur leur propre destin. Et donc ils ne per­çoivent pas d’intérêt à poursuivre cet effort.

La théorie naissante de la participation des populations locales indique que si l’on encourage les masses à participer elles-mêmes, leurs besoins en matière de développement seront mieux satis­faits. L’effort international sera donc davantage appuyé par la population locale et sa réussite sera beaucoup plus probable.

L’élan de ce nouveau mode de pensée est lié au respect croissant des droits universels de l’homme et à la reconnaissance du fait que chacun, quel que soit son niveau d’éducation, de développement social ou de situation financière, a droit, dans le cadre des lois, à un statut et à un traitement égal.

Mais, dans l’optique bahá’íe, la vraie participation de la population viendra lorsque les peuples du monde – à la fois ceux en voie de développement et ceux qui sont développés matériellement – intègreront à leur réflexion plusieurs notions qui dépassent le cadre actuel des droits de l’homme.

La première notion – clef permettant d’encourager une véritable participation de la population implique que l’on reconnaisse l’unicité de l’humanité. Cette reconnaissance exige un changement d’attitude de la part de tous les peuples – à la fois de ceux qui sont aidés et de ceux qui souhaitent aider.

La deuxième notion est la reconnaissance que les êtres humains sont, de par leur essence, des créatures spirituelles. En tant que tels, tous les hommes et toutes les femmes sont créés avec une noblesse intrinsèque et possèdent des capacités spirituelles, intellectuelles et physiques insoup­çonnées. Le véritable développement intervient lorsque ces capacités latentes sont mises en valeur.

En 1975, la Communauté internationale bahá’íe a soumis à la Commission du développement social des Nations unies une déclaration à ce sujet. En voici un extrait :

« ... la participation de la population, si indispensable au développement économique et social, exige une modification fondamentale des valeurs et des attitudes de la part de chaque individu et de son groupe social, [modification] ayant pour origine une conviction bien enracinée de l’unicité organique de l’humanité. Pour réaliser un développement réussi, il faut admettre avant tout que chaque personne est inséparable de l’ensemble de l’humanité ... »

Au fur et à mesure que les spécialistes du développement examinent de plus en plus près la notion de participation de la population, et qu’ils recherchent des moyens pour mettre en œuvre cet idéal, ils pourront trouver utile l’expérience de la communauté bahá’íe mondiale.

Malgré leur racine religieuse, les institutions bahá’íes ont également comme mission d’assumer le bien-être social et économique de l’humanité. Tant au niveau local que national ou international, ces institutions fonctionnent suivant un modèle comprenant des mécanismes visant à encourager la participation de toute la population aux fins indiquées ci-dessus.

Par exemple, à la base, le conseil administratif local bahá’í, appelé Assemblée spirituelle locale, est élu chaque année par tous les bahá’ís adultes de la communauté qu’il gère. Au-delà de la participation inhérente à ce processus d’élection, il y a le fait que ce conseil doit rencontrer l’ensemble de la communauté locale au moins une fois par mois.

Cette rencontre est un rassemblement appelé la « Fête » et comporte à la fois les éléments d’une cérémonie religieuse, d’une réunion amicale et l’administration de la communauté.

Au cours de la partie de la Fête consacrée à la gestion de la communauté, chaque personne est encouragée à pré­senter son point de vue personnel, ses préoccupations et ses idées, notamment en ce qui concerne les projets locaux, le fonction­nement harmonieux de la communauté et pratiquement tout ce qui peut l’intéresser. Ce procédé de nature consultative est à l’origine de quelques-uns des programmes de développement les plus authentiques impliquant la population.

Plus que de la technologie ou des fonds, le véritable développement exige, du point de vue bahá’í, de nouvelles méthodes pour l’organisation des affaires humaines, fondées sur ce type de « participation de la population », où l’on tient compte de tous les points de vue et où tous les hommes sont traités avec le même respect.

Les succès des peuples et des nations « développés » ne reposeront pas sur les connaissances techniques, les ressources naturelles ou même l’accumulation de capitaux. Le développement découlera du degré de respect dû à la personne humaine et de l’évolution sociale qui en résultera.



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Dernière mise à jour le 21/11/2017