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 Baha'u'llah
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Pour les dernières nouvelles concernant la Communauté Internationale Bahá’íe en anglais, se référer au site : Bahá'í World News Service
Revue n° 5, 1990

Aux peuples du monde

La Grande Paix à laquelle ont aspiré profondément les gens de bonne volonté au fil des siècles, dont prophètes et poètes nous offrent la vision depuis d’innombrables générations et dont les livres saints de l’humanité ont toujours renfermé la promesse, se profile enfin à l’horizon mondial. Il est maintenant possible à chacun, pour la première fois dans l’histoire, de voir toute la planète et les innombrables peuples qui l’habitent, dans une perspective globale. La paix mondiale est non seulement possible mais inévitable. C’est la prochaine étape de l’évolution de cette planète ...

Des barrières n’en persistent pas moins. Les rapports entre les nations et les peuples sont troublés par des doutes, des idées fausses, des préjugés, des soupçons et la recherche d’intérêts égoïstes ...

Agressions et conflits en sont tellement venus à caractériser nos systèmes sociaux, économiques et religieux que ce comportement est perçu par un grand nombre de personnes comme étant intrinsèque à la nature humaine et, par conséquent, irrémédiable.

Ce point de vue a entraîné des contradictions paralysantes dans les affaires humaines. D’un côté, les peuples de toutes les nations déclarent qu’ils sont non seulement prêts, mais aussi décidés à vivre en paix et en harmonie ... De l’autre, on accepte trop facilement la thèse selon laquelle les êtres humains sont irrémédiablement égoïstes et agressifs et, par conséquent, incapables de mettre en place un système social qui soit à la fois progressiste et pacifique, dynamique et harmonieux, un système donnant libre cours à la créativité et à l’initiative de l’individu, mais fondé sur une base de collaboration et de réciprocité.

Au fur et à mesure que la paix devient une nécessité impérieuse, cette contradiction fondamentale qui fait obstacle à sa réalisation nous force à réexaminer les hypothèses sur lesquelles repose cette conception courante d’un triste destin de l’humanité. Un examen dénué de passion révèle que cette conduite, loin de traduire la véritable nature de l’homme, représente une déformation de l’esprit humain ...

La Foi bahá’íe voit la confusion actuelle du monde et la situation désastreuse des affaires humaines comme une phase normale d’un processus naturel menant inéluctablement à l’unification de la race humaine en un seul ordre social qui ne connaîtra de frontières que la planète. La race humaine, en tant qu’unité organique distincte, est passée par des phases d’évolution qui rappellent les phases de bas âge et d’enfance de la vie des humains et elle se trouve maintenant dans la phase culminante de son adolescence troublée, à la veille de l’âge adulte tant attendu.

Il n’y a pas lieu de se désespérer parce que l’on admet en toute sincérité que les préjugés, la guerre et l’exploitation furent l’expression de phases immatures d’un vaste processus historique et que la race humaine connaît aujourd’hui les tumultes inévitables qui marquent son accession à une maturité collective. Cette reconnaissance constitue plutôt une condition élémentaire préalable à la tâche prodigieuse de construire un monde pacifique ...

Aucune tentative sérieuse de remise en ordre des affaires humaines et de réalisation de la paix mondiale ne peut ignorer la religion ... Assimilant la religion à une force sociale, Bahá’u’lláh s’exprima en ces termes : « la religion est le meilleur moyen de faire régner l’ordre dans le monde et de satisfaire, dans un cadre pacifique, tous ceux qui l’habitent » ...

Nous sommes arrivés au stade où ceux qui prêchent les dogmes du matérialisme, que ce soit de l’Est ou de l’Ouest, que ce soit du capitalisme ou du socialisme, doivent rendre compte de la direction morale qu’ils ont prétendu exercer. Où est le « nouveau monde » annoncé par ces idéologies ? Où est la paix internationale dont ils affirment promouvoir les idéaux ? Où sont les percées dans de nouveaux domaines de réalisation culturelle produites par l’exaltation de telle race, nation ou classe ? Pourquoi la vaste majorité des peuples du monde s’enfonce-t-elle sans cesse plus profondément dans la farine et la misère alors que les arbitres actuels des affaires humaines disposent de richesses énormes que n’auraient pu concevoir ni les pharaons, ni les empereurs romains, ni même les puissances impérialistes du dix-neuvième siècle ? ...

Il est évident que des efforts conjoints doivent être entrepris de toute urgence pour remédier à ces problèmes. C’est d’abord et avant tout une question d’attitude. L’humanité continuera-t-elle à s’entêter dans le mauvais chemin, à s’accrocher à des concepts dépassés et à des hypothèses inapplicables ? Ou bien ses leaders iront-ils de l’avant et, faisant fi de leurs idéologies, décideront-ils de se consulter pour rechercher conjointement des solutions appropriées ...

A ce stade, la déclaration analyse quelques-unes des tendances dans le monde qui sont porteuses d’espoir, en faisant observer que la création des Nations Unies et des diverses associations et organisations régionales « prépare la voie vers un ordre mondial ». Dans le même temps, ce document, attire l’attention sur le fait qu’il existe un certain nombre d’obstacles à la paix qui méritent une attention particulière. Ces obstacles sont entre autres, le racisme, la disparité entre riches et pauvres, le nationalisme « effréné », les conflits religieux et l’inégalité entre hommes et femmes. Puis la déclaration poursuit en ces termes:

... l’abolition de la guerre va bien au delà de la signature de traités et de protocoles; c’est une tâche complexe exigeant un engagement sans précédent à résoudre des questions qui ne sont habituellement pas reliées à la quête de la paix. Une sécurité collective qui ne reposerait que sur des ententes politiques serait purement illusoire ...

... en effet, la paix découle essentiellement d’un état d’âme reposant sur une attitude morale ou spirituelle, et c’est principalement en évoquant cette attitude que l’on pourra parvenir à des solutions durables ...

La principale question à résoudre se pose comme suit : comment le monde actuel, enraciné dans une structure de conflits, peut-il se transformer en un monde où règnent l’harmonie et la collaboration ?

L’ordre mondial ne peut se fonder que sur la conscience inébranlable de l’unité de la race humaine, une vérité spirituelle que confirment toutes les sciences humaines. L’anthropologie, la physiologie et la psychologie ne reconnaissent qu’une espèce humaine, même si celle-ci est infiniment variée en ce qui concerne les aspects secondaires de la vie. La reconnaissance de cette vérité est subordonnée à l’abandon de tout préjugé de race, de classe, de couleur, de croyance, de nation, de sexe, de degré de civilisation matérielle, autrement dit, de tout ce qui permet aux gens de se considérer comme supérieurs aux autres ...

Dans la conception bahá’íe, la reconnaissance de l’unité de la race humaine « n’exige rien de moins que la reconstruction et la démilitarisation de tout le monde civilisé; elle fait appel à un monde unifié organiquement sous tous les aspects essentiels de sa vie, de ses mécanismes politiques, de ses aspirations spirituelles, de son commerce et de sa finance, de son écriture et de son langage, tout en étant infiniment diversifié dans les particularités nationales de ses unités fédérées » ...

Bahá’u’lláh préconisa la mise en oeuvre de ces mesures de grande portée : « Le temps doit venir où sera universellement ressentie l’impérieuse nécessité d’une vaste assemblée représentant le monde entier. Les rois et dirigeants de la terre devront y assister, prendre part à ses délibérations et étudier les moyens et instruments qui permettront d’instaurer la grande paix entre les hommes. »

Cette importante assemblée aurait dû être convoquée depuis longtemps ... Les Nations Unies, avec l’appui total de leurs membres, sauront-elles se mettre à la hauteur d’un événement si grandiose ?

L’optimisme que nous ressentons procède d’une vision qui se situe au-delà de la fin des guerres et de la création d’organismes de coopération internationale ... « L’unification du genre humain est la caractéristique du stade dont s’approche l’humanité. L’unité de la famille, de la tribu, de la cité état et de la nation ont été successivement tentées et réalisées dans toute leur ampleur. L’unité du monde est maintenant le but vers lequel tend une humanité accablée. Le processus d’édification de la nation est complété. L’anarchie inhérente à la souveraineté d’un Etat approche de son point culminant. Un monde qui se dirige vers la maturité doit renoncer à ce fétiche, il doit reconnaître l’unité et l’intégrité des relations humaines et mettre en place une fois pour toutes le mécanisme le plus apte à incarner ce principe fondamental de son existence » ...

L’expérience de la communauté bahá’íe peut être un des exemples de cette unité grandissante. Cette communauté regroupe de trois à quatre millions de personnes originaires de nombreuses nations, cultures, classes et croyances et engagées dans une vaste gamme d’activités couvrant les besoins spirituels, sociaux et économiques des peuples de nombreux pays. Il s’agit d’un organisme social unique qui reflète la diversité de la famille humaine, mène ses activités sur la base de principes consultatifs admis par tous et vénère, sans marque de préférence, toutes les grandes manifestations de l’influence divine de l’histoire humaine. Son existence même prouve que la foi de son fondateur en un monde unifié n’était pas chimérique et confirme que l’humanité peut vivre comme une société mondiale et qu’elle peut relever les défis inhérents à son passage à la maturité. Si l’expérience bahá’íe peut contribuer de quelque manière que ce soit à renforcer l’espoir en l’unité de la race humaine, nous sommes heureux de la soumettre à votre étude ...

Nous nous associons à tous ceux qui sont victimes d’agressions, à tous ceux qui aspirent à un monde sans conflit ni lutte, à tous ceux qui, par leur dévouement aux principes de la paix et de l’ordre mondial, se font les promoteurs des causes anoblissantes pour lesquelles l’humanité fut créée par Dieu dans son amour infini.

Dans notre désir ardent de vous communiquer la ferveur de notre espoir et la profondeur de notre confiance, citons la promesse formelle de Bahá’u’lláh : « Ces luttes stériles, ces guerres ruineuses passeront, et la Paix suprême viendra. »



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Dernière mise à jour le 24/11/2017