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Revue n° 21, 1995

Les femmes et la paix

Alors que l’humanité est entrée dans une ère de paix durable et que la prospérité du monde se concrétise enfin, les historiens désigneront sans doute les années 1990 comme l’une des périodes les plus fécondes à cet égard, en ce sens qu’elles ont jeté les bases d’un monde nouveau.

La fin de la guerre froide, naturellement, est un épisode crucial de l’émergence de la paix internationale ; on peut dire qu’elle a débuté à la fin des années 1980. Toutefois, elle n’a fait que marquer la fin d’une ère ancienne sans nécessairement présider à l’ouverture d’une ère nouvelle.

Pendant les années 1990, toutefois, l’Organisation des Nations Unies a, comme jamais auparavant, organisé une série de conférences mondiales qui ont commencé par le Sommet de l’enfance à New York en 1990, suivi par le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992, la Conférence mondiale sur les droits de l’homme à Vienne en 1993, la Conférence internationale sur la population et le développement au Caire en 1994 et le Sommet mondial pour le développement social à Copenhague en 1995.

Certains disent que ces réunions ne sont qu’une série de discours sans résultats concrets. Quels que soient leurs lacunes à cet égard, une lecture attentive des documents – y compris des déclarations des ONG – montre qu’un large consensus a été réuni sur les normes et les valeurs qu’il convient de respecter pour construire un monde civilisé, juste, pacifique et durable.

La prochaine conférence de cette série se tiendra en septembre à Beijing. Et la Quatrième conférence mondiale sur les femmes promet elle aussi d’apporter à la conscience du monde un autre élément essentiel à l’instauration de la paix et de la prospérité mondiales : la réalisation de l’égalité totale entre les femmes et les hommes.

Si on regarde de près toute cette série de conférences, on constate que la présence et l’influence croissantes des femmes – que la Conférence de Beijing promet de mettre en évidence – ont contribué largement à montrer au monde les valeurs et les principes susceptibles de contribuer le plus à la paix et au bien-être de l’humanité.

La lutte menée par les femmes ces quelques dernières années a radicalement changé la façon dont le monde considère les questions économiques, le développement durable et les droits de l’homme. Les changements préconisés par les femmes dans ces domaines sont des éléments essentiels dans l’établissement de la paix et de la prospérité.

A Rio, les femmes ont attiré l’attention des dirigeants du monde sur le fait que, d’une certaine manière, en tant que petites exploitantes agricoles ou responsables de leurs familles, ce sont elles qui détiennent la clé du développement durable.

A Vienne, les femmes ont aidé le monde à comprendre que pour faire régner la paix et la justice, les droits de l’homme doivent être étendus au delà des frontières sans considération de race, d’origine ethnique, de nationalité ni de sexe. Leur statut, en tant que majorité opprimée – les femmes représentent plus de la moitié de la population mondiale – a largement contribué à rehausser les débats sur un plan moral.

Au Caire, les femmes ont réussi à démontrer que le fait de leur donner une éducation et des responsabilités sont les meilleurs moyens pour freiner la croissance démographique et promouvoir un développement fructueux. Leur rôle en tant que mères a donné une crédibilité indiscutable à leurs points de vue.

A Copenhague, enfin, ce sont les femmes qui ont le mieux analysé les anciens systèmes économiques et attiré l’attention sur les conséquences qu’ils ont pour les pauvres (qui sont des femmes pour la plupart) ; ce sont elles également qui ont aidé à projeter de nouvelles idées concernant les nouveaux modèles de développement social (les femmes, bien sûr, ont toujours été à l’avant-garde en matière de développement social ; il est regrettable que leur compétence en tant qu’expertes n’ait pas été reconnue plus tôt).

Si certains veulent encore marginaliser le rôle des femmes ou d’autres ont tendance à minimiser l’importance de la Conférence de Beijing, nous sommes quant à nous convaincus qu’elle est, à maints égards, l’une des plus grandes manifestations de cette décennie.

Les membres de la foi bahá’íe, qui représentent aujourd’hui une communauté mondiale de près de cinq millions d’habitants répartis dans plus de 230 pays et territoires, sont unanimes à penser que les hommes et les femmes partout dans le monde doivent commencer à s’engager dans un nouveau partenariat sur un pied d’égalité. Ce n’est pas seulement une question de justice mais plutôt la clé de la réalisation du vieux rêve de paix et de prospérité universelles.

Il y a plus de 80 ans, ‘Abdu’l-Bahá, fils du fondateur de la foi bahá’íe a dit : « Lorsque toute l’humanité recevra les mêmes possibilités d’éducation et lorsque l’égalité de l’homme et de la femme sera réalisée, les racines de la guerre seront complètement extirpées. » Dans un autre passage, il dit : « Tant que la réalité de l’égalité entre l’homme et la femme n’est pas pleinement établie et acquise, le plus haut développement du genre humain n’est pas possible. »

‘Abdu’l-Bahá, dont les paroles sont révérées par les bahá’ís, a également indiqué que cette paix deviendra réalité grâce aux qualités essentielles que les femmes apportent dans tous les domaines de la vie dès lors que l’égalité est acquise.

« Dans le passé, le monde a été gouverné par la force, et l’homme a dominé la femme par le caractère plus violent et plus agressif de son corps et de son esprit, » dit-il. « Mais l’équilibre se rétablit déjà. La force perd de son importance alors que la vivacité d’esprit, l’intuition et les qualités spirituelles d’amour et de dévouement, essentiellement féminines, prennent l’ascendant. Désormais, les temps nouveaux seront moins masculins et plus imprégnés d’idéaux féminins, ou plus exactement, il arrivera un âge où les aspects masculins et féminins de la civilisation seront plus équilibrés. »

Vue sous l’angle de ce progrès inévitable vers un nouveau partenariat entre les hommes et les femmes, la Conférence de Beijing est déjà un succès. Les idées, les réseaux et les relations que les femmes tissent déjà à travers le monde pour préparer la manifestation, et leur influence lors des conférences précédentes des Nations Unies ont eu un impact incalculable. La paix qui s’installe comme une conséquence des valeurs et principes nouveaux reconnus et confortés par le travail accompli par ces conférences devra beaucoup aux efforts des femmes. Le monde a tout à gagner à tenir compte, d’une manière ou d’une autre, des appels lancés par les femmes.



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Dernière mise à jour le 22/09/2017