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 Baha'u'llah
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Revue n° 37, 1999

Écrire L’avenir : Réflexions sur le 20ème siècle


Le texte ci-après est tiré d’une déclaration intitulée « Ecrire l’Avenir : Réflexions sur le 20ème siècle » publiée en juin 1999 par le Bureau d’information publique de la Communauté internationale bahá’íe. Cette déclaration fait le point sur les événements survenus au cours du vingtième siècle à la lumière des enseignements de Bahá’u’lláh (1817-1892), fondateur de la foi bahá’íe et elle examine les défis auxquels l’homme est confronté en cette fin de siècle.

L’unification des habitants de la planète ne relève ni d’une vision utopique lointaine, ni, en définitive, d’un choix. C’est la prochaine étape, inévitable, de l’évolution sociale, vers laquelle tendent toutes les réalisations du passé et du présent. Tant que cette question n’est pas posée ni résolue, aucun des maux qui affligent notre planète ne trouvera de solution, car tous les défis essentiels de l’époque qui s’ouvre à nous sont d’ordre mondial et universel, et non particulier et régional.

Ces cent dernières années, les habitants de la terre ont, d’une part, modifié la façon dont ils avaient commencé à planifier leur avenir collectif, et d’autre part, changé le regard que nous portons les uns sur les autres. Ces deux évolutions ont été marquées du sceau de l’unification. Face à l’incapacité des institutions existantes à endiguer les bouleversements survenus, les dirigeants du monde se sont vus contraints de mettre en place de nouveaux systèmes d’organisation mondiale, impensables au début du siècle.

À la croisée du siècle, ces deux évolutions ont engendré un progrès décisif, dont seules les générations futures pourront apprécier la portée historique à sa juste valeur. Au lendemain de la deuxième Guerre mondiale, des dirigeants clairvoyants ont estimé enfin possible de commencer à consolider, par le biais de l’Organisation des Nations Unies, les fondements d’un ordre mondial.

Il en est de la cause de l’ordre mondial comme de celle du droit des peuples. La souffrance effroyable à laquelle la guerre a exposé les victimes de la perversité humaine, a agi comme une onde de choc mondiale. De ce traumatisme est né un type d’obligation morale que la Commission des droits de l’homme de l’ONU et ses organismes associés ont institutionnalisé.

Une évolution parallèle a marqué la vie économique. Pendant la première moitié du siècle et à la suite des ravages causés par la grande crise de 1929, de nombreux gouvernements ont adopté des législations pour mettre sur pied des programmes d’aide sociale, des systèmes de contrôle budgétaire, constituer des fonds de réserve, et réglementer les échanges, cherchant à prémunir leurs sociétés contre le retour de ce fléau. En cette fin de siècle – et toutes imparfaites que soient les institutions actuelles et le dessein qui les anime – elles ont su montrer au plus grand nombre que les richesses de la planète peuvent fort bien être employées autrement, pour répondre à une nouvelle conception de besoins. Les effets de ces progrès ont été considérablement amplifiés par la diffusion accélérée de l’éducation.

Cette réorganisation structurelle à l’échelle planétaire a été encouragée et renforcée par une profonde mutation des consciences. Par exemple, l’histoire semble montrer, et les enseignements religieux confirmer, la nature essentiellement inférieure des femmes à celle des hommes. Les événements ont partout témoigné du recul soudain de cette conception, pourtant dominante.

Autre habitude ancrée depuis des millénaires dans la vision qu’a l’humanité d’elle-même, celle de cultiver les différences ethniques, laquelle, en se radicalisant, a donné naissance à divers fantasmes racistes. À une vitesse stupéfiante au regard de l’histoire, l’humanité a fait de son unité le principe directeur de l’ordre international au 20ème siècle. Aujourd’hui, les conflits ethniques qui continuent de ravager de nombreuses parties du monde ne sont plus considérés comme des aspects naturels des rapports entre peuples, mais comme des aberrations délibérées, auxquelles la communauté internationale se doit de mettre un terme.

Durant toute sa longue enfance, l’humanité a vu dans la pauvreté un aspect durable et inévitable de l’ordre social. Aujourd’hui, cette disposition d’esprit, qui a dicté les priorités de tous les systèmes économiques connus dans l’histoire, est universellement rejetée. Théoriquement du moins, on attend essentiellement des pouvoirs publics qu’ils garantissent le bien-être de tous les membres de la société.

Fait particulièrement révélateur, car intimement lié au ressort de la motivation humaine, les préjugés religieux ont perdu du terrain. Pour citer Bahá’u’lláh, il est indéniable « que tous les peuples de la terre, à quelque race ou religion qu’ils appartiennent, tirent leur inspiration spirituelle d’une même source céleste et sont les sujets d’un seul Dieu ».

Tout au long de ces décennies cruciales, l’homme a vu se transformer fondamentalement sa compréhension de l’univers physique. Dans la première moitié du siècle, les nouvelles théories de la relativité et de la mécanique quantique ont révolutionné le domaine de la physique et modifié tout le cours de l’évolution scientifique.

L’humanité est entrée dans une ère où l’interaction entre les disciplines de la science physique – physique, chimie, biologie, sans oublier l’écologie naissante – a ouvert des possibilités stupéfiantes à l’amélioration des conditions de vie.

Désormais, le genre humain dispose manifestement des moyens nécessaires pour réaliser les objectifs visionnaires conçus par une conscience plus mûre de jour en jour. À y regarder de plus près, l’émancipation qui en découle est potentiellement accessible à tous les habitants de la terre, indépendamment de leurs origines ethniques, culturelles ou nationales.

Apprécier à leur juste valeur les transformations qu’a connu le pan d’histoire qui s’achève, ne signifie pas pour autant renier la part d’ombre qui en a accompagné les réalisations et qui leur a donné un relief si dramatique : l’extermination délibérée de millions d’êtres humains sans défense, l’invention et l’utilisation de nouvelles armes de destruction capables d’annihiler des populations entières, la montée des idéologies, qui a étouffé la vie spirituelle et intellectuelle de nations entières, les dommages occasionnés à l’environnement physique de la planète, tant et si bien qu’il pourrait bien lui falloir des siècles pour s’en remettre, et le mal, infiniment plus grand encore, causé à des générations d’enfants, à qui l’on a inculqué que la violence, l’indécence et l’égoïsme étaient des triomphes de la liberté individuelle.

Mais ni l’ombre ni l’obscurité n’ont d’existence propre, encore moins d’autonomie. Elles ne peuvent ni éteindre ni affaiblir la lumière, mais permettent de délimiter les zones non encore éclairées, ou celles qui ne le sont pas correctement.

« Sans pareil est ce Jour », insiste Bahá’u’lláh, « car il sert d’yeux pour contempler les âges et les siècles passés, et de lumière pour scruter les ténèbres des temps ». Dans cette perspective, le problème est de se demander : combien de nouvelles souffrances et de nouveaux ravages notre humanité devra-t-elle encore subir, avant que nous acceptions sans réserve la nature spirituelle qui fait de nous un seul peuple, et que nous trouvions le courage de planifier notre avenir à la lumière des leçons si douloureusement apprises.

La façon dont Bahá’u’lláh envisage le devenir de la civilisation contredit nombre de concepts qui s’imposent aujourd’hui à notre société comme normatifs et immuables. Si par ailleurs, la conscience humaine est réellement d’essence spirituelle – comme l’a toujours intuitivement pensé une grande majorité de gens ordinaires – on ne saurait non plus comprendre ni satisfaire son besoin d’épanouissement à partir d’une interprétation de la réalité qui affirme dogmatiquement le contraire.

Aucun aspect de la civilisation contemporaine n’est plus directement contesté par la conception de l’avenir telle qu’exposée par Bahá’u’lláh, que le culte dominant de l’individualisme, qui a gagné presque toutes les régions du monde. Entretenue par des forces culturelles, dont les idéologies politiques, l’élitisme académique, et l’économie de la consommation, la « quête du bonheur » a fait naître chez l’individu le sentiment vindicatif et presque sans borne que tout lui est dû. Les conséquences morales en sont corrosives pour lui-même comme pour la société, et dévastatrices car sources de maladies, de dépendance aux drogues et autres fléaux bien trop familiers de cette fin de siècle.

La maladie première dont souffre la société et qui engendre les maux qui la paralysent, tient, dit-il, à la désunion d’une race humaine qui se distingue pourtant par sa faculté à collaborer et dont les progrès à ce jour ont dépendu de sa propension plus ou moins grande à mener une action unie, en des temps et des sociétés variés.

Intimement lié à la question de l’unité, il est un second défi moral surgi au siècle passé, qu’il semble de plus en plus urgent de relever. « Ce que Dieu aime par-dessus tout » insiste Bahá’u’lláh, c’est la justice.

Si le corps de l’humanité est réellement un et indivisible, alors l’autorité exercée par ses institutions dirigeantes représente pour lui une protection collective essentielle. Chaque individu est un gage confié dès sa naissance à la société, et c’est cette caractéristique humaine qui fonde véritablement les droits sociaux, économiques et culturels.

Pour répondre aux appels du Divin, les peuples de la terre ont peu à peu développé en eux des facultés spirituelles, intellectuelles et morales, et sont parvenus, en les combinant, à civiliser les caractères. Ce processus cumulatif pluri-millénaire est désormais arrivé au stade qui marque tous les tournants décisifs de l’évolution, là où émergent soudain toutes les possibilités non encore exploitées. « Voici le Jour » affirme Bahá’u’lláh, « où les plus précieuses faveurs sont prodiguées aux hommes, le Jour où sa puissante grâce imprègne toutes choses créées ».

Dans la perspective de Bahá’u’lláh, l’histoire des tribus, des peuples et des nations est effectivement arrivée à son terme. Ce dont nous sommes aujourd’hui témoins, c’est de la naissance de l’histoire du genre humain, l’histoire d’une race humaine consciente de son unicité propre.

Les premières années du siècle à venir verront se libérer des énergies et des aspirations infiniment plus puissantes que l’ensemble des routines, des erreurs et des hantises qui les ont si longtemps empêchés de s’exprimer.

Aussi grande que soit l’agitation régnante, la période vers laquelle se dirige l’humanité offrira à chaque individu, à chaque institution, à chaque communauté sur terre, des occasions sans précédent pour écrire l’avenir de la planète. « Bientôt, » promet Bahá’u’lláh avec assurance, « le présent ordre des choses sera révolu et un nouveau le remplacera ».



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Dernière mise à jour le 21/11/2017